Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 17:36

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Montesquieu devait certainement ressembler à une sorte d'hydre antique munie de plusieurs têtes pour pouvoir supporter les multiples casquettes qu'il revêt dans Les lettres persanes.

 

 

Dans ce roman épistolaire, il est à la fois philosophe des Lumières, romancier bien sûr et ancêtre de ce qu'on qualifiera trois siècles plus tard d'anthropologue ou de sociologue.

 

 

Usbek, riche seigneur perse, décide un beau matin de quitter ses nombreux trésors pour arpenter le pavé parisien. Dans sa correspondance, il narre tour à tour ses pensées sur la politique, la mode, la liberté des femmes, de la presse, et tous les autres secteurs de la société française du XVIIIème siècle.

 

 

C'est une véritable ébauche romancée de sociologie que nous propose Montesquieu en décalant dans les yeux de son personnage une observation systématique des moeurs.

 

 

On est donc à mi-chemin entre un Voltaire en moins cocasse et un Claude Lévi-Strauss d'antan.

 

 

Si ce roman épistolaire présente l'avantage d'établir certainement pour la première fois les grandes lignes de la pensée sociétale française, il faut reconnaître qu'on ne se tord pas de rire à toutes les pages. L'intrigue semble laissée pour compte au profit de réflexions philosophiques à peine dissimulées derrière l'histoire des personnages sans relief.

 

 

Je crois que l'envie de plonger dans un véritable roman me titille bien à présent. Demain, direction la librairie pour de nouvelles aventures.

 


Par Jibé - Publié dans : Le chant de Melpomène - Communauté : partage
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 20:41

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Tel Bacchus piqué à l'aiguille de vos talons,

Je me noie dans des rêves de champagne, d'étalons.

Sur vos cuisses de cuivre, métronomiques dentelles,

Coulent les pluies érotiques d'une fine bagatelle.

 

 

Quitte à boire à travers le trou de vos serrures,

Autant s'agenouiller aux pieds d'une femme mûre.

Mais soyez certaine qu'avant mon petit trépas,

J'aurai, Madame, corrigé votre doux minois.

 

 

Ayez pitié du pauvre pêcheur en détresse,

Sans cesse titubant, ivre du secret de vos fesses.

S'en est assez de me retenir, je libère,

Sur vos seins ou chevilles l'obscénité des vers.

Haut les masques, honorons ce moment propice,

Où l'élégance tisse sa toile avec le vice.

 


Par Jibé - Publié dans : Les petites choses du quotidien - Communauté : partage
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 20:00

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Je suis loin d'être un gros lecteur de romans policiers. C'est un genre qu'il m'arrive de choisir lorsqu'entre deux livres j'ai envie d'une lecture facile, rapide et légère. Au fil de mes pérégrinations solitaires, je me suis habitué aux détectives luttant autant contre d'odieux meurtriers que contre leur alcoolisme latent, leur ex-femme trop présente, leur supérieur caractériel ou tout autre petit tracas connus de chacun d'entre nous.

 

 

Mais dans Le chien des Baskerville, le Sherlock Holmes que nous propose Sir Arthur Conan Doyle est bien loin des Kurt Wallander, des Jean-Baptiste Adamsberg ou des Gabriel Lecouvreur.

 

 

Partant de Londre pour rejoindre l'inquiétante lande anglaise, notre détective en tweed et aux souliers bien cirés est accompagné par son fidèle ami et narrateur, le Docteur Watson. A eux deux, ils vont déjouer une machination diabolique qui terrorise les locaux, un brin simples d'esprits. Il ne faudra que quelques déductions soulignées par un sourire supérieur pour que le bon détective se joue des méchants...

 

 

Vous comprendrez bien que c'est là qu'il m'est arrivé de bailler. Certes, il a fallu poser les bases du style qu'est le roman policier. Certes l'écriture est claire, précise et aérée. Certes ce roman a été écrit il y a plus d'un siècle. Mais tout y est trop facile. Sherlock Holmes lutte contre les forces du mal qui jamais ne l'atteignent. Il est un cran au dessus de toute difficultée. Cela rend le défi inégal, trop prévisible. On aurait envie que le héros soit en proie au doute, au remords, à un quelconque trébuchement. Mais ça n'est jamais le cas. C'est son aimable   acolyte, Watson, qui se colle à la tâche de l'échec productif. Si ces deux personnages n'avaient fait qu'un, on aurait certainement eu une psychologie plus intéressante. Mais avec des si...

 

 

C'est donc un plaisir en demi teinte que j'ai eu à lire ce court roman. J'ai apprécié cette atmosphère victorienne qui plane dans une Angleterre brumeuse et chic, où les personnages sont élégants et flegmatiques. Mais la prochaine fois que l'envie me prend de résoudre un meurtre, j'irai plus bas dans la fange, où le blouson en cuir remplace le veston à carreaux, peut être du côté du Poulpe qui commence à me manquer ou du dernier Fred Vargas que je n'ai toujours pas lu...

 

Par Jibé - Publié dans : Le chant de Melpomène - Communauté : partage
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 22:14

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Il existe deux façons de voyager dans le temps. La première consiste à propulser une DeLorean à 88 miles à l'heure. La seconde, c'est le roman.

 

 

Bien loin des explorateurs traversant le grand nord, Jack London nous invite dans ce court roman à parcourir les vallées hostiles du paléolithique, lorsque les premiers hommes foulaient le sol de la Terre.

 

 

Ainsi le narrateur qui nous est contemporain, nous explique comment à travers ses rêves remontent à la surface les souvenirs inscrits dans la mémoire génétique de Grande-Dent, son aïeul des cavernes. De cette façon, l'auteur reconstitue la chronologie d'une vie faite de cueillette printanière, de lutte contre les féroces prédateurs, d'intimidation née de la promiscuité avec les groupes humains maîtrisant le feu et l'arc, ou encore la naissance d'une idylle avec Véloce, une charmante bipède arboricole.

 

 

Outre l'exactitude du mode de vie de l'époque transcrite par Jack London bien avant que ne soient faites les principales découvertes paléo-anthropologiques, c'est l'originalité même du thème abordé qui captive le lecteur et le pousse à partager les joies et les craintes du héros hominidé. Rares sont les romans se déroulant à cette époque. Plus rares encore sont ceux qui le font avec tant de talent.

 

 

Avant Adam est donc un récit qui sé dévore d'une traite grâce à la qualité de son intrigue narrée avec la plume agréable d'un auteur accompli.

 

 

Qui a dit concernant nos ancêtres les hommes des cavernes qu'il n'y avait pas de quoi en faire toute une (pré)histoire ?

 

 

 

Par Jibé - Publié dans : Le chant de Melpomène
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 19:26

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2012 sera l'année du bon goût ou ne sera pas. C'est partant de cet adage que j'ai décidé, un peu aidé par une Roxanne bien nommée, de débuter l'année par la lecture de Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand.

 

Ce choix était on ne peut plus agréable : une pièce de théâtre écrite entièrement en vers. Cela donne un rythme aux dialogues pleins de fougue et de lyrisme. C'est un excellent moyen de souligner la vivacité, le "panache", pour le citer, de Cyrano.

 

J'ai découvert dans cette pièce un personnage qui a tout de généreux. De ses grands coups de moulinets, à son nez sans commune mesure, en passant par son dévouement sans faille pour Roxane. Tout chez le héros gascon est entier, sans compromis.

On ne peut qu'être attendri par ce grand gaillard peinant à disparaître derrière un pantin sans talent ayant injustement attiré les élans du coeur de la belle actrice. Et l'on partage sa frustration tout au long de ces pages que l'on aimerait voir durer encore et encore...

 

Ainsi donc, ma première lecture de l'année est aussi un premier coup de coeur. Edmond Rostand, tout comme le philosophe de loft story Aziz, nous passent ce message : "Reste vrai" chez le locataire star d'un soir,

"Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,

"Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

"Ne pas monter bien haut, peut être, mais tout seul !" chez l'immortel héros à l'épée moins longue que le nez.

 


Par Jibé - Publié dans : Le chant de Melpomène
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